Unanimité syndicale contre la volonté gouvernementale de nouvelles restrictions des droits des demandeurs d'emploi

reforme chomage

Alors que Bruno Le Maire continue à vouloir changer le modèle social du pays (voir Bruno Le Maire a le mérite de la franchise "Cet objectif du plein emploi ne pourra pas être atteint à modèle social constant") en ayant comme cible prioritaire l'étatisation de l'assurance chômage et la réduction des droits des chômeurs (voir Bruno Le Maire se prend vraiment pour le Ministre du Travail en voulant complètement étatiser l'assurance chômage) les cinq secrétaires des organisations syndicales publient une Tribune « Il faut cesser la stigmatisation populiste des chômeurs »

Celle-ci fait un état lucide de la situation "Les multiples réformes combinées ont fait plonger le montant moyen des allocations de 17 % par rapport à 2019 et la durée d’indemnisation de 25 %. Désormais, seuls 36 % des inscrits à France Travail (anciennement Pôle emploi) sont indemnisés, niveau qui n’a jamais été aussi faible ! Quarante-cinq pour cent des allocataires sont passés sous le seuil de pauvreté – un chiffre qui a doublé –, en grande majorité des jeunes, des femmes à temps partiel ou des seniors en fin de droits, sur qui plane maintenant la menace de suppression de l'allocation spécifique de solidarité (ASS). Ces baisses de droits entraînent des excédents annuels à l’Unédic que l’État s’empresse de ponctionner, à hauteur de 12 milliards en trois ans. Et le chômage repart à la hausse…"

La Tribune relève l'incohérence gouvernementale "Les déclarations incessantes de l’exécutif sont en totale contradiction avec le principe, prétendument « de bon sens », brandi en février 2023 : la « contracyclicité » de l’assurance-chômage. « Quand la conjoncture économique s’améliore, on peut limiter les droits des chômeurs, quand elle se dégrade, il faut améliorer les protections. » Un an plus tard, demi-tour toute ! (voir Quand le chômage baisse, il faut durcir les conditions d'indemnisation. Quand il monte aussi !Le changement d'argumentation du gouvernement sur l'assurance chômage suscite l'ironie syndicale et Sacha Houlié demande au gouvernement de "respecter ce que l'on s'est dit" sur la contracyclicité de l'assurance chômage)

Elle poursuit en mettant en évidence que les choix gouvernementaux sont anti économiques L’impact positif des réductions successives de droits à l’assurance-chômage sur le marché de l’emploi n’est pas prouvé. Au contraire. Ce que les études montrent, c’est que les chômeurs sont contraints d’accepter des emplois plus précaires et que l’insertion n’est pas durable. Le but, non assumé par le gouvernement, est bien sûr de faire des économies – les baisses de droits déjà réalisées correspondent à 3 milliards d’économies par an –, pas de créer de l’emploi

En conclusion les responsables syndicaux demandent au gouvernement de renoncer à ses intentions de réforme Nous appelons solennellement le gouvernement à renoncer à cette réforme budgétaire qui rognera à nouveau les droits à l’assurance-chômage et supprimera l’ASS. Il faut cesser la stigmatisation populiste des chômeurs. Au contraire, pour relancer l’économie et la demande intérieure, il faut que les entreprises partagent mieux la richesse créée, augmentent les salaires pour que chacun et chacune puisse se loger, se nourrir et vivre dignement. Pour renouer avec le pacte social, affronter la transition écologique et les enjeux de modernisation, il faut enfin investir dans la formation, les compétences et les qualifications. C’est sur ces enjeux importants que nous attendons le gouvernement.

Y croient-ils vraiment ?

Source : https://blogs.alternatives-economiques.fr/abherve/2024/03/18/unanimite-syndicale-contre-la-volonte-gouvernementale-de-nouvelles-restrictions-des-droits-des-demandeurs-d-emploi



21/03/2024
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